À toi qui m’as fait croire que je n’étais pas assez

C’est facile de dire qu’il ne faut pas y penser, au passé. Qu’on peut simplement avancer et mettre une croix sur les choses qui nous ont fait mal, sur ces personnes qui ont pu nous blesser. Et peut-être est-ce vrai, mais une partie de moi sent le besoin de se rappeler de ces choses-là, car ça me fait réaliser le chemin que j’ai fait et par où je suis passée pour être celle aujourd’hui. 

Alors oui, je me rappelle de toi, celui qui a cru que mon cœur était aussi malléable que de la pâte à modeler, mais tu n’auras pas de merci pour la croissance personnelle que ça m’a permis d’accomplir. C’est à moi que je le dois, pas à toi. À défaut de te dire merci, je peux maintenant te regarder sans trembler, sans détourner le regard et sourire avec un sentiment de libération de ne plus sentir le besoin de te satisfaire. Maintenant, ce n’est plus de l’adoration que j’éprouve, mais de la compassion, car je me dis que tu as dû te sentir seul souvent là-haut à penser que tu étais tellement meilleur que les autres et que les émotions humaines étaient tes marionnettes. Ce n’était pas ton intention ? Crois-moi, ce n’était pas la mienne non plus d’avoir le cœur brisé, je me croyais plus forte. Maintenant je le suis, plus forte, et j’espère que toi, peu importe où tu es, tu es un peu plus conscient de la merde que tu fous autour de toi.

Je dis « toi », mais la vérité c’est qu’il y en a eu plus d’un et je ne parle pas des gars qui ne me trouvaient pas de leur goût. Eux, ils passaient leur chemin sans me montrer d’intérêt, sans même me remarquer, sans me parler et tu sais quoi ? C’est bien correct. Mais vous… Mais toi… Tu pouvais pas juste faire ça, hein ? Je ne cherche pas à te dire que je suis la fille parfaite. Je ne le suis pas. Et ça se peut que tu ne me trouves pas de ton goût. Mais si tu me dis que je suis la fille la plus géniale que tu aies rencontré, je le crois. Naïve peut-être, mais que veux-tu, tu t’en plaignais pas. Alors que tu me regardais dans les yeux en me disant que tu avais l’impression qu’avec moi tu étais avec une personne qui te comprenait mieux que toi-même, je devinais que tu sous-entendais que j’étais unique, peut-être même que j’étais la bonne. Je sais, je sais, tu peux dire tant que tu veux que ce n’est pas ce que tu voulais dire et que j’ai mal interprété, que c’est moi qui mélange tout, mais je n’ai aucun doute sur la lueur que je voyais dans tes yeux. Je croyais que c’était ta satisfaction de me voir si émue, alors qu’en fait, tu étais juste heureux de constater à quel point j’étais accrochée et à quel point c’était doux pour ton ego.

Tous tes mots, je les ai crus.

Parce qu’on est tous un peu naïf je crois et quand on a pas connu l’amour, il n’y a rien qu’on veut plus au monde que de le connaître. C’était mon cas du moins. J’étais jeune – je le suis encore, c’est vrai – mais je l’étais dans ma tête d’abord et avant tout. Prête à croire absolument n’importe quoi. Comme que le temps allait s’occuper de tout, qu’il me suffisait d’attendre et d’être patiente. Comme un chien patient qui attend le retour de son maître devant la porte en pleurant. Parce que je croyais que le fait que tu tournes autour du pot, c’était ta manière de me démontrer de l’intérêt, alors qu’en fait c’était ta manière d’éviter l’engagement et le sérieux que tu ne voulais pas. Les non-dits, on les interprétait chacun à notre manière : moi comme une promesse, toi comme une barrière.

Le pire là-dedans, c’est ce que le cerveau peut t’amener à croire. Sais-tu combien de fois je me suis obstinée – mais solide-là ! – avec des amies qui essayaient de me convaincre que c’était peine perdue, que je voyais des signes où il n’y en avait pas et que s’il avait eu à se passer quelque chose, ça se serait déjà passé ? Mais je continuais à croire, fort dans mon petit cœur que tu étais le bon. Et je me fais rire quand j’y pense, tu sais pourquoi ? Parce que je me disais que tu avais quelque chose que personne d’autre n’aurait jamais : tu me connaissais ! Je ne savais juste pas que me faire rire et dire des niaiseries, ça ne veut pas dire que tu me connais. Ça veut juste dire que tu peux être amusant, charmeur et profondément conscient de ta personne.  Car mon dieu que tu en as fait rire d’autres des filles, mais moi, je ne ris plus. Du moins, plus de la même manière. Parce que j’ai compris que ton talent c’était pas de me connaître, mais de trouver mes faiblesses et les exploiter.

Aujourd’hui, je souris et je ris sans chercher à plaire. 

Je me souviens si clairement des élans de rire que j’avais et de l’effort que je mettais à rire comme les filles dans les films. Tu sais, le beau rire, celui qui est contagieux, mais contenu, franc mais doux. Je me disais que soudainement, tu allais me regarder rire en jetant ma tête en arrière et que tu allais réaliser que tout ce temps-là, j’étais là. Que la fille de tes rêves, celle que tu voulais réellement au fond de toi, elle était là devant toi à rire de son rire cristallin. J’ai cru que le chemin vers ton cœur serait mon rire et ma bonne humeur. Honnêtement, ces choses-là m’ont mené loin dans la vie, mais pas avec toi.

Aujourd’hui, si tu savais comment je ris ? Mal en « criss ». D’un rire trop fort et long, et la tendance à me taper le front avec la paume de la main, pour une raison que j’ignore. Parfois même comme un cochon et c’est pas chic « pentoute », mais je m’en fous. Parce que j’ai compris que c’est pas ça qui va me faire aimer. De bien paraître et d’avoir le rire parfait, c’est tellement pas ça qui devrait faire qu’on m’aime. La seule chose qui devrait jamais faire que quelqu’un m’aime, c’est mon authenticité. C’est qui je suis dans mon entièreté, ce que j’ai à offrir, sans modification ou condition. Crois-le ou pas, je crois que j’ai trouver quelqu’un qui est prêt à ça. Qui me trouve juste assez, bien assez. Que tout ce que j’ai pu manquer pour te plaire, je l’ai pour lui, car je n’ai pas besoin d’être parfaite pour lui plaire. Il me trouve déjà parfaitement imparfaite comme je suis.

Je te souhaite d’être heureux un jour et de connaître ça si tu ne l’as jamais connu. 

Parce que c’est merveilleux. À des kilomètres et des kilomètres de ce que j’ai cru être l’amour avec toi. L’amour, c’est tellement plus que du bon temps et des rires. C’est être là dans les bons temps comme dans les mauvais, exactement comme ils disent tu sais : « pour le meilleur et pour le pire ». C’est trouver quelqu’un qui nous rend meilleur, qui nous donne envie de nous élever et de travailler sur nous-mêmes et non pas de changer pour lui satisfaire. Quelqu’un qui croit en toi, inconditionnellement. C’est une épaule, un bras, une oreille, un cœur et tellement plus. Je réalise que tu n’as jamais été grand chose là-dedans. Si tu veux mon avis, tu étais surtout quelqu’un qui avait besoin de se remonter l’ego en voyant une fille prête à faire beaucoup trop de niaiseries pour essayer de te plaire. Et probablement aussi que tu avais un intense besoin de te décharger les couilles, soyons réalistes. Alors je te souhaite bienvenue en 2018, où je t’apprends désormais que si tu veux juste fourrer, Tinder et plein d’autres sites de rencontre existent pour ça, pu besoin de briser des cœurs pour pouvoir te mettre.

Je ne sais pas si tu sais à quel point tu as pas été correct. Les probabilités que tu t’en sacres et que tu sois toujours le même sont fortes. C’est correct, au fond tu peux imaginer l’histoire comme tu veux, si tu aimes mieux croire que c’est moi qui exagère, vas-y. J’ai le dos large mon homme. Sauf que je pense qu’on sait tous les deux que tu savais dès le début que ça marcherait pas entre toi et moi, que j’étais juste une fille aussi facile à faire courir après toi qu’un lapin qui tente d’atteindre la carotte au bout du bâton. Tu savais que je serais dans une zone grise entre l’amante, l’amie et juste une fille comme une autre et que je serais trop naïve pour réaliser que je méritais mieux que ça. Tu es le genre de personne qui veut les avantages sans les inconvénients. Malgré tout ça, je ne te souhaite pas de mal. Je ne veux pas de vengeance ou que tu souffres pour la peine que tu m’as fait. Je crois au karma. Et si tu es toujours aussi malhonnête que par le passé, je suis convaincue que l’avenir s’occupera de toi. Mais ça m’importe peu. Parce que j’ai déjà dépensé trop d’énergie à pleurer pour toi, à essayer de comprendre ou juste à être en beau maudit.

Alors maintenant, je concentre mes énergies sur moi.

Je n’oublie pas, jamais. Les cicatrices, elles sont là et elles me rappellent ma faiblesse à une époque et la force que j’ai maintenant. J’ai passé des années à regarder en arrière avec l’espoir que tu reviennes. Tu ne l’as pas fait et je réalise que c’est pour le mieux. Maintenant, quand je regarde en arrière, tu es là. Je t’envoie la main, mais je n’attends plus. J’ai fini d’attendre. J’ai trouvé l’amour dont j’avais besoin : de l’amour pour moi-même avant d’aimer quelqu’un. Et mon dieu que ça fait toute la différence !

Je te souhaite de faire de même, car quand j’y pense, je sais pas lequel de nous deux manquait le plus d’amour envers soi-même.

 

 

1 COMMENT

  1. Cécile Blueandkawaii | 12th Avr 18

    C’est tellement bien dit… Ça me rappelle certaines choses de mon histoire personnelle et tu m’as profondément touchée.
    Merci pour ce bel article.

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