Ce que je pense de l’affaire Joncas… Presque deux semaines en retard !

Je vais être parfaitement honnête. La première fois qu’on m’a envoyé la photo de la publication de Marie-Lyne Joncas sur Instagram pour savoir ce que j’en pensais, je n’ai pas compris où était le problème. Pour dire vrai, j’aurais même eu tendance à dire que j’étais d’accord avec elle. Avant de t’insurger et de fermer la page pour venir me lancer un tas de bêtises comme quoi j’encourage le « slut shaming », lis donc ce que j’ai à dire jusqu’à la fin pis on s’en reparlera après.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’histoire, je te résumerai ça simplement en te conseillant d’abord de lire la publication de Marie-Lyne elle-même sur son Instagram. Parce que j’aurai beau vouloir te résumer son contenu, je pense que la manière dont c’est écrit joue un TRÈS grand rôle dans la suite des choses :

Quelques instants plus tard, le mot « slut shaming » apparaissait en commentaires, dans des articles et dans des publications diverses alors qu’on reprochait à Marie-Lyne Joncas de diminuer les femmes en les empêchant d’exprimer leur sexualité, leur sensualité et d’être libre et maître de leur corps.

Vivre et laisser vivre.

C’est la phrase qui revient partout pour s’opposer aux propos de Marie-Lyne. Que si les femmes ont envie de se montrer le cul, les seins, de s’exhiber sur Internet, elles ont parfaitement le droit. Ça, c’est quelque chose avec lequel je suis complètement d’accord : si tu as envie de prendre des photos de toi toute nue, de te montrer les founes sur les « zinternets », c’est ton droit. On est rendu là, à briser les tabous à s’exposer, à revendiquer le droit à son corps, à son image. Et mon dieu qu’il y a quelque chose de fabuleux là-dedans !

Malgré ça, il y a quand même une partie de moi qui se demande où s’arrête le vivre et laisser vivre. Avec les réseaux sociaux et l’exposition aux corps qu’on a de nos jours, jusqu’où on peut aller pour que ça reste socialement acceptable. Quelqu’un soulevait en commentaire qu’un jour, on ne sera même pas étonné de voir du monde faire l’amour sur Instagram pour nous vendre des condoms. Même si peut sembler vulgaire, je me suis dit que ce n’était pas si fou que ça… Qu’on n’était peut-être pas si loin qu’on pense de ça.

L’hypersexualité et le « slut-shaming »

Parce que le cœur du problème, c’est ça : la notion de « slut shaming ». Le reproche qu’on lui fait, à Marie-Lyne Joncas, c’est ça. Petite définition avant de continuer : le « slut-shaming », c’est quand tu reproches – majoritairement à une femme – son comportement sexuel jugé hors-norme. Ça consiste à stigmatiser, culpabiliser ou disqualifier toute femme dont l’attitude ou l’aspect physique seraient jugés provocants ou trop ouvertement sexuels (merci Wikipédia).

Et pour moi, c’est là qu’on se divise en ce qui concerne notre opinion sur les propos de Marie-Lyne Joncas. Quand j’ai lu le texte la première fois, je n’ai pas été choquée parce que pour moi, on y dénonçait l’hypersexualisation qu’on voit sur Internet avec les réseaux sociaux de toutes ces marques notamment qui collaborent avec des « Instababes » qui en montrent plus qu’il n’en faut. Pour moi, je comprenais le message comme disant qu’on n’a pas besoin de me montrer ses fesses pour vendre une montre, mais que reste que dans les faits, des fesses, ça peut vendre beeeen des affaires.

Le dosage, comme disait Marie-Lyne.

« Le dosage », c’est là-dessus qu’elle finissait son texte. En ce qui concerne les marques, les collaborations, les « instababes » et les influenceurs, je trouve en effet que c’est une notion importante. J’aime à croire que quand tu es un modèle pour des jeunes en particulier, tu peux l’être par autre chose que la sexualisation. À titre d’individu, expose ton corps tant que tu veux. Je pense sans hésitation que tu es maître de ton corps, de ton image et que tu peux diffuser ton corps, tes fesses et tes seins autant que tu veux. Cependant (et là, je pense que c’est là que j’ai interprété le message de Marie-Lyne Joncas plus loin qu’elle-même ne l’avait amené) je pense que quand on est actif sur les réseaux sociaux au point d’avoir des collaborations et un « following » nombreux, on a une responsabilité sociale. Et j’aime à penser qu’on peut apprendre aux jeunes que pour être populaire sur les réseaux sociaux, on n’a pas besoin que tout tourne autour du corps.

D’où la notion de dosage. Que tu apprennes à la prochaine génération que c’est merveilleux d’être bien dans son corps au point de le montrer, je trouve ça merveilleux. « Free the nipple », « free the butt », « free toute », c’est merveilleux ! Par contre, quand ça se fait dans un objectif de vendre ou d’être populaire sur les réseaux sociaux, c’est là que j’ai un problème dans mes valeurs profondes. Je trouve que la notion de dosage, de juste milieu et de gros bon sens, elle n’est pas toujours là.

Qu’en est-il de Marie-Lyne?

Est-ce que je suis d’accord avec ce qu’elle a dit? Difficile à dire, parce que je ne suis pas certaine de ce qu’elle a voulu dire. Avec son ton cassant qu’on lui connait bien et sa manière crue de dire les choses, je pense qu’il y a peut-être eu un décalage entre ce qu’elle a voulu et sa manière de la dire, mais au final je ne suis pas elle, je ne suis pas dans sa tête. Alors ce qu’elle a voulu dire? Je n’en sais rien. Seule elle sait si elle a voulu « slut-shamer » ou passer un message plus profond que ça.

Pour ma part, j’avais juste envie de faire ma petite parenthèse et de soutenir qu’en effet que le « slut-shaming », c’est non. Mais qu’en même temps, je ne rejette pas l’entièreté de son message. Parce que je crois qu’il y a présentement quelque chose de dangereux dans la sexualisation sur internet.  J’ai juste envie de dire que tu n’as pas besoin de te sexualiser pour devenir populaire, contrairement à ce qu’on peut croire quand on suit certaines personnalités sur les réseaux sociaux.

J’ai peur qu’il y a une pression sociale de se montrer, de s’assumer de s’exhiber et qu’il y ait un lien vraiment vicieux qui se fasse présentement entre la sexualisation et le succès…