Dire non à l’abstinence du célibat

Parce que oui, on a le droit d’avoir une sexualité active même en étant célibataire. Ça fait pas de nous une dévergondée ou une « guédaille » (un de mes mots préférés avec guédille!). Et ça s’applique aux hommes comme aux femmes, peu importe votre orientation sexuelle ou votre âge : le célibat n’est pas obligé d’être abstinent si vous n’en avez pas envie !

En tant que fille qui a passé les 23 premières années de sa vie célibataire et qui a découvert les rudiments du sexe pendant son célibat, je me donne le droit de m’exprimer sur le sujet. Je suis maintenant en couple, c’est vrai, mais il faut dire que la plupart de mon expérience sexuelle, je l’ai acquise à titre de fille célibataire et (presque) indépendante! Encore une fois, prenons un instant pour prévenir les membres de ma famille qui auraient ouvert  ce lien que s’ils veulent garder dans leur tête l’image de la sainte enfant qui ne connaît rien au sexe et préfère jouer au Polly Pocket, ceci n’est peut-être le meilleur texte à lire sur mon blogue.

Au secondaire, j’étais la parfaite romantique: celle qui attendait le prince charmant à la manière d’un film avec Hilary Duff. Pour moi, à cette époque, le sexe avant l’amour n’existait pas. Et qu’on se comprenne : il n’y a rien de mal là-dedans au contraire. Attendre l’amour pour connaître le sexe, je crois même que c’est parfaitement normal. Cependant, il peut arriver un moment dans ta vie où en voyant toutes tes amies en couple, sexuellement actives et/ou en apparence épanouie, il peut arriver que tu sentes le besoin de te joindre à la meute. Ce fut mon cas. 18 ans, éternelle célibataire, moyennement bien dans son corps, j’avais besoin d’autres choses que d’attendre.

Je me souviens encore quand j’ai réalisé que j’avais 18 ans, que j’étais maintenant «une adulte». Ça peut paraître fou, mais atteindre l’âge adulte m’a fait un choc, parce que bon sang que je ne me sentais pas adulte. 18 ans et j’avais l’impression  de n’avoir rien vécu, d’avoir passé ma vie à attendre que quelque chose se passe. J’avais été cette adolescente profondément dramatique qui vivait ses amours avec une telle passion qu’elle vivait dans une perpétuelle peine d’amour… sans amour. J’étais naïve, très naïve. Je le savais, et ça me faisait horreur. J’avais besoin que ça bouge, de ne plus sentir que j’étais passive. Que fallait-il que je change? J’ai décidé de devenir active. Je n’allais pas attendre que les choses se passent, j’allais les provoquer.

C’est comme ça que j’ai commencé à rencontrer. Dans les bars, les sites de rencontre, les soirées, etc… Je ne peux pas dire à l’époque que j’avais un grand pouvoir de séduction, mais j’ose croire que c’est quelque chose qui se développe. Jusqu’au jour où j’ai rencontré celui qui éventuellement allait être le premier. Au début, mon dieu que je ne l’assumais pas. J’avais couché avec un gars qui n’était pas mon chum. Et même si je faisais la fille qui voulait expérimenter, vivre à fond et ne pas s’attacher, c’était pas totalement vrai. Je le disais à mes amies, au début avec un peu de gêne, car il y avait encore la fille romantique en moi qui aurait voulu que ça aille plus loin que juste du sexe. De pouvoir dire que je vivais quelque chose de sérieux, que j’avais découvert l’amour pas juste le sexe. Et pourtant, malgré tout ça, j’avais aussi un autre sentiment : la fierté.

Car si la situation avait évolué depuis le secondaire, j’avais découvert quelque chose de nouveau. Bon, oui, j’étais encore cette fille dramatique au coeur brisé, MAIS j’avais désormais franchi une étape. On pourrait dire que c’était le sexe, mais ce n’est pas tout à fait ça. Parce que le sexe, c’est une chose, mais quand tu es une fille pas bien dans ton corps et que quelqu’un pose les yeux sur toi avec désir pour la première fois, c’est troublant. J’avais eu plus que du sexe : j’avais connu ce que ça faisait d’être désiré. Je n’avais jamais cru que je pouvais être désirable et sexy et pourtant, ça c’était produit. J’étais célibataire, sans amour, mais malgré tout j’avais le coeur en feu. J’avais eu l’impression pendant un instant d’être merveilleuse, désirable et ça m’avait animé. Encore aujourd’hui, je trouve ça magnifique le désir. Pour moi, le sexe sans désir n’a aucun intérêt.

Le but de cette histoire n’est pas de raconter comment je suis devenue la célibataire aux moeurs légères. C’est de dire qu’il y a quelque chose de beau dans le fait de désirer quelque chose ou quelqu’un et que je ne crois pas que ce bonheur là est exclusif aux couples. Évidemment, à l’inverse, je ne trouve pas le désir qui mène à l’adultère honorable ou justifiable. Ce que je veux dire, c’est que ton célibat ne doit pas t’empêcher, si tu en as envie, de rechercher ce désir-là. Je ne dis pas que c’est un chemin facile et que tu as juste à sortir dans le bar à côté de chez toi et sauter le premier venu. Mais en même temps, si c’est ça que tu as envie : pourquoi pas !

Avec le temps, j’ai commencé à parler ouvertement de ma sexualité. Plus j’en parlais, plus je réalisais qu’il y avait quelque chose de beau dans ma liberté en tant que célibataire. Au point où si au début, j’essayais de me convaincre que j’étais bien célibataire même si je ne le croyais qu’à moitié, j’ai vraiment fini par prendre goût à cette vie-là. Ma vie de célibataire est devenue merveilleuse le jour où j’ai compris que j’avais le droit. Le droit de le vivre pleinement et de l’apprécier. Je n’avais pas de compte à rendre à personne, j’habitais dans un petit 1 et demi. Est-ce que parfois je me suis sentie jugée? Oui. Mais au final, ça n’avait pas d’importance. Tant que j’étais bien avec moi-même.

Je parle de ça avec la peur de ne pas apporter assez de nuance. Je veux mettre au clair ce qui ne l’est peut-être pas : c’est mon expérience. Je sais que nous sommes tous différents, nous n’avons pas la même libido, les mêmes intérêts et surtout pas la même histoire. Ce n’est pas non plus une rivalité du bonheur «célibataire contre couple», c’est simplement ma réalité. J’ai été heureuse dans mon célibat et je veux juste qu’on parle de ce droit-là, d’apprendre à aimer son célibat sans restrictions ni limites. Le droit de faire des folies, de vivre des expériences, d’avancer dans la vie même si on se dit «seul». J’ai grandi beaucoup en tant que célibataire et avec ma sexualité à l’époque. J’ai vécu des histoires folles que je raconterai sûrement un jour : des instants merveilleux comme des moments profondément gênants. J’ai appris à prendre soin de moi, à penser à mon bonheur et à l’entretenir. Je n’ai pas voulu être cette victime du célibat, j’ai voulu l’embrasser comme je pouvais en attendant le jour où je tomberais en amour, si ce jour venait.

Et il est arrivé. Je le suis comme je ne pensais pas que c’était possible. Je garde pourtant des leçons de ma vie de célibataire que nous partageons moi et mon copain. Nous savons que notre bonheur, s’il est grandement amplifié par l’autre, ne doit pas en dépendre. Que nos désirs sont importants et que les partager est une belle chose. Que nous nous aimons, mais que nous avons un passé, des expériences, mais que l’important, c’est que nous nous avons maintenant.

Si tu es célibataire, il est possible que mon paragraphe précédent t’aies levé le coeur et je sais aussi qu’on peut trouver l’attente longue. Mais quand on est à l’arrêt d’autobus et qu’on ne sait pas quand celui-ci va passer, on peut s’asseoir sur le banc les bras croisés en espérant qu’il va passer à chaque seconde ou on peut explorer ce qu’il y a autour et se permettre de découvrir ce qui s’y trouve, tout en gardant l’oeil ouvert. Je sais, mes métaphores ne s’améliorent pas, mais on se comprend!

 

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