Et si l’amour n’était pas ce que tu crois

Et si l’amour n’était pas un déferlement de passion comme on en voit dans les films, mais plutôt un voyage sur la rivière la plus douce qui soit? Et si l’amour n’était une aventure rocambolesque de tout instant, mais plutôt une stabilité confortable et bienveillante? Et si l’amour n’était pas aveugle, mais plutôt profondément lucide et clairvoyant et qu’il te permettait chaque jour de voir un peu mieux ce qui t’échappait autrefois?

J’ai toujours cru que je vivrais l’amour au premier regard, que je verrais cet homme dans la rue ou dans un bar et que je saurais que c’était lui, enfin, celui que j’avais tant attendu. Je m’attendais à ce que l’amour me frappe comme un poing au ventre et qu’il m’empêche de respirer tellement je ne voudrais qu’être accrochée à ses lèvres. Je me voyais dans les romances épiques, dans cette passion qui nous déchire de l’intérieur. Je croyais que c’était ça l’amour : brûlant et tourbillonnant.

Je ne dis pas que ce ne l’est pas, ou que ça ne peut pas l’être, je dis seulement que l’amour que j’ai connu et que je connais aujourd’hui est différent de ce que j’avais imaginé. L’un est le film qu’on regarde sans voir le temps passé tellement nous sommes capturés dans l’action et l’autre est le livre que l’on découvre plus lentement, mais qu’on apprend à mieux connaître avant de se prononcer et dont on ne veut jamais tourner la dernière page.

Je croyais connaître l’amour avant même de l’avoir connu.

Il est partout cet amour qu’on nous décrit et dont on rêve. On nous explique l’amour avant même d’en comprendre le concept. Dès notre adolescence, on rêve de cet amour qui habitera de notre vie, d’être à deux pour faire un bout de chemin, de vivre l’amour avec un grand A. On ne sait pas ce qu’on veut faire dans la vie, si même on veut aller au Cégep ou à l’Université, où on veut vivre ou voyager, mais on sait déjà qu’on veut connaître l’amour. De préférence tôt, de préférence maintenant, parce qu’on voit le beau, on voit le rêve, on voit l’idéal et qu’on le veut tellement, mais la réalité, elle, nous échappe bien souvent. Quand on est jeune, mais parfois aussi quand on est plus vieux.

Car l’amour ce n’est pas que des marches dans le parc à se tenir la main et où les mots ne servent à rien. Le romantisme n’est pas que des regards échangés pleins de sous-entendus et des messages enflammés. Avoir un amoureux ce n’est pas qu’avoir toujours une épaule sur laquelle s’appuyer et avoir des baisers qui n’en finissent plus constamment. L’amour, c’est un tout dont on nous présente trop peu l’ensemble, en croyant peut-être que le quotidien, l’ordinaire et la routine des couples, ça ne vend pas.

La vérité, c’est que ce qui me plaît le plus de l’amour, c’est ça, sa capacité à être quotidien.

L’amour me touche dans tout ce qu’il a de plus banal. Dans sa capacité à évoluer, à ne pas être uniquement que passion et sensualité. Dans le fait que l’amour n’est pas soudain comme je le pensais, mais qu’au contraire, il se construit et se peaufine au fil du temps. Comme vivre à deux. Je croyais que vivre à deux, ça serait naturel, comme si nous étions deux aimants destinés à être ensemble, comme deux petits poissons dans l’eau qui ont toujours su comment nager à l’unisson. J’ai découvert que l’amour, ça s’apprend, que vivre à deux aussi, que c’est comme faire du vélo : les premiers instants connaissent la peur et l’incertitude, mais qu’au fil du temps, l’habitude nous rend solide, assuré et plus droit.

Je me dis que si j’avais aimé pleinement dès le premier instant, je n’aurais jamais connu le bonheur de l’aimer davantage de jour en jour, de découvrir de lui des choses qui me surprennent encore, de laisser de la place à plus, à mieux, à encore plus grand. Dans cet amour qui n’est pas immuable, j’imagine un futur, des projets et du beau au quotidien, mais sans pour autant me laisser de côté. Nous nous donnons le droit d’être nous, d’être différents et en désaccord, d’être nous-mêmes sans se perdre de vue. Parce que j’ai compris en voyant le monde que certaines personnes s’oublient dans l’amour qui brûle, qu’ils ne deviennent que cet amour, comme fusionner par autant d’intensité. Moi, j’aspire à être moi-même, libre d’évoluer individuellement et simultanément, avec à mes côtés un acolyte rationnel pour qui tout ce que je fais n’est pas la perfection, qui a la capacité de prendre du recul et de m’aider à voir plus clair, mais qui dans tout ce que je fais, me soutient d’abord et avant tout.

L’amour n’est pas parfait

C’est une base, une évidence même et pourtant… Tu peux swiper tant que tu veux à chercher mieux, à chercher autre chose, à chercher ce que tu imagines, mais la vérité est souvent que l’amour est surprenant et imprévisible. Peut-être as-tu trouvé l’homme parfait en tous points, tant mieux pour toi, mais il est possible aussi que cet homme que tu imagines n’existe tout simplement pas. Et il faut arrêter de penser que c’est une mauvaise chose. Car il est possible que l’homme que tu imagines et celui dont tu as besoin ne soient pas le même. À cet homme qui te semble bien, mais auquel il manque un petit quelque chose pour que ce soit l’amour ou pour lequel tu n’es seulement pas certaine, peut-être est-ce que la seule chose qui lui manque c’est du temps. Du temps pour te montrer qu’il y a des choses qu’on ne voit pas au premier coup d’œil. Parce que s’il est vrai que certains hommes qui semblent parfaits peuvent s’avérer des salauds, il est possible aussi que cet homme ordinaire devienne le plus merveilleux que la vie aurait pu te donner.

J’ai cru connaître l’amour avant l’amour. J’ai cru que vouloir, désirer et pleurer à en avoir mal en dedans c’était d’aimer jusqu’au fond de ses tripes. J’ai découvert que l’amour que je désirais avoir et que j’entretiens aujourd’hui est un amour qui ne blesse pas, un amour qui est tranquille, mais qui connaît parfois des moments feux d’artifice, aussi simples que merveilleux qui me font réaliser que je suis au bon endroit avec la bonne personne. On ne devrait pas se forcer à être autrement que soi-même avec la personne qu’on aime. On ne devrait pas vouloir changer pour satisfaire, mais évoluer pour être ensemble. On devrait se donner la chance de découvrir l’amour et de la construire plutôt que de l’avoir tout cuit dans le bec.

Je crois que notre définition de l’amour change avec le temps et l’expérience. Qu’on apprend des nos expériences passées, sans pour autant se faire une idée trop précise de ce que doit être l’avenir. Pour moi l’amour, ça a été une multitude de petites choses. Il a commencé quand j’ai commencé à vouloir m’aimer moi-même sans avoir besoin de quelqu’un d’autre. Il a continué quand je me suis sentie prête à partager cet amour avec quelqu’un d’autre, car je croyais enfin le mériter. Il se poursuit dans un désir de découvrir ce que l’amour me réserve pour la suite.


Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.