Instagram, t’es «fake»

 

T’es aussi «fake» que la poitrine de Dolly Parton, les lèvres de Kylie Jenner et la voix d’Enrique Iglesias mis ensemble. J’essaie de comprendre comment on peut vouloir à ce point faire un «setup» digne d’un plateau de tournage d’Hollywood pour montrer sur la même photo une chandelle qui sent le «yable», un cahier avec une belle citation sur le dessus que tu as jamais ouvert de ta vie et un déjeuner santé que tu vas à peine toucher avant d’aller te bourrer la face chez Cora. 

Non, je n’ai rien contre Instagram en soi. Ni même contre les belles photos. Que tu sois quelqu’un de créatif et que tu l’exposes sur les réseaux sociaux, j’ai aucun problème avec ça. La fille (ça c’est moi) a un blogue et serait bien mal placé pour te juger de t’afficher partout. Mon problème, il n’est pas là. Que tu sois «fake» même à la limite ne me dérange pas si tu fais une chose toute simple : l’assumer! Dis-moi le, je vais comprendre! Mais ne me prends pas pour une conne avec tes «posts» irréalistes et en essayant de faire croire à tout le monde tes menteries alors que tu te crées une réalité complètement différente de la tienne, de la vraie, pour pouvoir t’exposer tout en te sentant bien et en attirant les «likes». Ça vient me chercher, tu as pas idée à quel point!

C’est exactement le même concept que les publicités : tu crées un univers parallèle irréalisable juste dans le but de faire dire à quelqu’un : «Oh mon dieu, regarde comme elle a une vie parfaite, j’aimerais tellement être comme elle». Pourquoi? Pour remonter ton ego? Faire un petit «boost» à ton estime et te sentir mieux? Ou même faire de l’argent? Ce qui me fâche avec ce concept, c’est que les personnes qui te regardent d’en bas, ce sont souvent des personnes qui en ont besoin de confiance en eux, d’estime et du petit «boost» et toi, tu vas leur planter dans le coeur le pieux de la déception en leur faisant croire que ta vie est tellement parfaite alors qu’en réalité, tu postes les photos de ta fausse vie en portant un pantalon de jogging et en raclant le fond de ton pot de Ben & Jerry’s.

«Nadia, t’exagères pas un peu?». Oui! Sûrement beaucoup même. Mais c’est une figure de style pour te faire comprendre mon point. J’en ai marre de voir des affaires complètement aberrantes sur mon Instagram. Et oui, tu as le droit d’aimer les belles affaires, de prendre une photo qui a de l’allure parce que ça te tente. Il reste qu’il y a une différence entre placer quelques trucs pour prendre une belle photo de tes affaires, te maquiller pour prendre un beau «selfie» et carrément t’inventer une vie. La photo du petit couple qui dort par exemple alors qu’ils sont censé être seuls. C’est le chien qui a pris la photo peut-être? Et combien de fois j’ai vu des gens partager des photos de leur nourriture avec des phrases comme «Meilleur repas de toute ma vie» alors qu’ils en ont même pas pris une bouchée. Et oui, je sais qu’ils peuvent avoir pris la photo et l’avoir poster plus tard APRÈS avoir mangé, mais entre vous et moi, on sait bien que c’est pas toujours le cas.

 

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Il n’est pas question ici nécessairement de l’Instagram de ton ami ou de ta soeur (quoique c’est possible!), mais surtout de ceux qui cherchent à devenir «insta-famous». Depuis bientôt quelques mois, je suis présente sur des groupes d’aide pour les blogueuses et autres plateformes et je commence à comprendre qu’il y a une nouvelle réalité qui se crée avec Instagram. Plusieurs sont à le recherche des astuces pour avoir des «likes» et des abonnés sans vraiment se soucier du contenu. Il est même possible de faire d’Instagram une carrière, mais pour ça, semble-t-il, l’authenticité est loin d’être un critère. Ces influenceurs des médias sociaux t’invitent à leur ressembler alors que parfois, même eux-mêmes ne se ressemblent pas.

Elle est où notre spontanéité? De prendre une photo, juste une et de la mettre comme ça, sans se demander si l’éclairage aurait pas été mieux sur tu avais été sur la pointe des pieds, la fenêtre ouverte et avec un gars qui te tient une lampe à 30cm de la face alors qu’un ventilateur fait un effet venteux dans tes cheveux. Je sais que ça l’air complètement fou, mais vous avez pas idée à quel point ce ne l’est pas tant que ça. Et que dire des «hashtags»… Je les adore, il ne faut pas se tromper, j’aime en utiliser et surtout en inventer des trop longs et ridicules, mais c’est carrément une étude en soi d’utiliser les bons «hashtags» pour faire grandir son Instagram. Il suffit d’en mettre le plus possible, toujours avec les mots-clés les plus populaires possibles : #goals #blessed #ootd #makeup #happy #fashion #love #friendship #JustinBieber. C’est ce qui fait d’ailleurs que je vois de plus en plus de personnes qui ne prennent même pas la peine d’écrire quelque chose, ils utilisent seulement les «hashtags» pour atteindre le plus de personne possible. Après tout, avoir du contenu, c’est démodé non?

Comme c’est souvent le cas, je me considère dans un entre-deux. Ceci n’est pas un article contre Instagram, au contraire. C’est surtout un article sur la beauté de la spontanéité et ça me manque. Quand je regarde certains comptes, j’ai pas l’impression de suivre un humain, j’ai l’impression de suivre une version étrange du Truman Show où tout est tellement «stagé» que certains ne savent pas que c’est pas la réalité.

Instagram, tu me déranges. Parce que je vis une relation amour-haine avec toi. J’ai juste de la difficulté avec le besoin de s’élever au-dessus des autres, de montrer que notre petite vie est si parfaite que ça. Montre-le que tu es fière de ta vie et ça va me faire plaisir de te suivre, mais montre-moi aussi que tu es un humain derrière les photos, pas juste un «vampire à likes». J’ai envie de partager avec toi, pas de te vénérer. Et tant mieux si tu as réussi à trouver des gens pour t’admirer et si ça te satisfait, mais moi, je retrouve beaucoup plus de plaisir à être parmi les gens qu’au-dessus d’eux.

C’est pas tout le monde qui a la même vision de la chose et c’est correct. Mais parfois, si tu regardes tes réseaux sociaux en te disant que la vie des autres est tellement mieux de la tienne, prends un pas de recul. C’est souvent une partie d’une réalité beaucoup plus complexe que ce que la personne veut te montrer.

Et oui, je sais, au final je peux juste me désabonner d’un compte si je trouve une personne si fausse que ça. Et je le fais. Mais que veux-tu, il y a aussi une partie de moi qui aime ça s’insurger comme ces affaires-là. Si pour certains, Instagram c’est comme une  seconde carrière, moi c’est chialer qui est ma deuxième vocation.

 

1 COMMENT

  1. Justine G. | 6th Fév 18

    J’adore. Tout simplement. C’est fou comme tes textes me rejoignent. Merci pour ça 🙂 … Mais j’avoue me faire un peu prendre au jeu avec Instagram. On dirait que j’aimerais ça, Moi aussi, avoir un beau feed qui fite parfaitement de tout bord tout côté pis des belles photos de voyage à partager…….. eh lala !

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