Soyons solidaires, veux-tu?

C’est tout ce que j’ai à t’offrir aujourd’hui : un élan d’amour et de compassion si tu en as besoin. Prends-le, il est là pour ça. Je t’avoue que j’ai de la difficulté à trouver les bons mots. Mais même si  je ne pense pas les avoir, on ne perd rien à essayer de partager du positif. Et sait-on, si jamais ça peut faire du bien à quelqu’un, ça en aura valu la peine. 

Je n’ai que des yeux, des oreilles et un cœur pour saisir l’ampleur de ce qui se passe, du mouvement qui s’est déployé et des horreurs qui ont été mises au grand jour. Et moi, au final, je ne suis qu’une femme avec sa sensibilité qui se sent profondément ébranlée par tout ce qui se passe. Mais ce texte-là n’est pas à propos de moi. Parce que si moi, aujourd’hui, je passe au travers de ma journée avec le cœur lourd, je n’ose pas imaginer ceux et celles qui ont souffert en silence pendant des jours, des semaines, des années…

Ce n’est pas un procès. Il n’est pas question de donner tort ou raison, de blâmer ou de prétendre connaître la vérité…

Les derniers jours ont été l’occasion des combats d’opinion sur la place publique. J’y ai pris part et comme plusieurs je me suis enflammée et épuisée à essayer de défendre mes opinions, mes valeurs, mon point de vue et mes idées. Je réalise que c’est de l’énergie dépensée au mauvais endroit. Ce n’est pas à ceux qui jettent leur haine et leur scepticisme que je dois écrire, mais à ceux qui ont besoin d’amour et de soutien.

À tous ceux qui m’ont répondu dans les derniers jours que les mouvements comme le #MoiAussi ne servaient à rien, je vais quand même prendre deux secondes pour vous répondre ceci : mieux vaut essayer de dénoncer et faire un pas au risque de reculer de deux que de simplement reculer de deux pas à chaque fois en se disant que ça changera jamais. Parce qu’en ne faisant rien, on ne change rien. Les agressions sexuelles ne vont pas s’arrêter demain matin, peut-être, mais n’est-ce pas un pas dans la bonne direction?

Et comme ce n’est pas un procès, mais simplement un message de soutien et d’amour, je t’invite à baisser tes armes qui prennent la forme d’insultes, de jugements ou de propos blessants si jamais tu avais l’intention de les utiliser. Ce que tu penses en ton fort intérieur des décisions des victimes, de leur silence ou de leur inaction ne changent rien à ce qui s’est passé. On ne connaît pas l’histoire, c’est vrai, mais que ce soit dans ces histoires médiatiques ou dans d’autres qui te sont inconnus, soit certain d’une chose: des victimes, il y en a eu. Le but n’est pas de satisfaire ta curiosité avec les détails croustillants des agressions, mais simplement de prendre le temps d’être là sans jugement et sans reproche. Si jamais tu es quelqu’un d’avare sur les doses d’amour que tu partages et que tu crains de gaspiller ta compassion avec des personnes qui «inventent des histoires», rappelles-toi qu’envoyer des bons mots à une personne qui ne les mérite pas fait beaucoup moins mal que d’envoyer un char de «marde» à une personne qui ne le mérite pas.

Tu n’es pas seul

Depuis ce matin, j’entends à la radio et je vois sur les réseaux sociaux des personnes qui s’excusent de ne pas avoir vu, de ne pas avoir compris ou de ne pas avoir dénoncer. Dans ces histoires-là, le plus horrible c’est que tout le monde s’accuse sauf l’agresseur.

L’humanité s’est dévoilée à son plus beau et à son plus laid dans les derniers jours. C’est difficile de ne pas écouter les méchancetés et les horreurs que les gens peuvent dire, mais sache qu’il y a des personnes dans ce monde qui sont là pour toi. C’est difficile je sais. Des histoires de personnes qui ont parlé à la police et se sont faits rire au nez, il y en a, tout comme des histoires de personnes qui ont dénoncé l’agresseur et ont perdu leur emploi, leur famille, leur conjoint… Tu l’as peut-être même vécu toi-même. Le monde, il est pas toujours beau, je te l’accorde. Mais certaines personnes essaient de le rendre meilleur. On y travaille.

Je ne te dis pas que je suis une sainte. Je ne te dirai même pas que je suis la meilleure personne à qui tu peux parler. Comme je disais, parfois les bons mots ils existent pas on dirait. Mais j’espère que tu la sens en ce moment la vague d’amour et de soutien. Pas juste de moi, mais de partout. Que tu sois de ceux qui ont parlé ou de ceux qui ont gardé le silence, sache que cette vague d’amour-là est pour toi. Pour tous ceux qui en ont besoin. Même si tu n’es pas une victime, prend-la aussi la dose d’amour, parce que dans les moments difficiles, ça peut faire du bien.

Il n’y a pas de concours de celui ou celle qui souffre le plus

Tu as le droit de parler, peu importe ton histoire. Tu as peut-être l’impression que toi c’est moins grave, mais ça ne veut pas dire que ça ne t’affecte pas, c’est pas un concours. C’est difficile, je sais, car le monde est rempli de personnes avec des oreilles qui ne savent pas les utiliser comme il faut, mais ça n’empêche pas qu’il existe des personnes à l’écoute, là pour toi. Je le dis souvent, mais si tu sens le besoin de consulter un psychologue ou qui que ce soit, tu n’as pas besoin d’avoir la raison la plus grave ou l’histoire la plus triste.

Si ton coeur, ton corps et ton âme à toi ils vont bien, essaie d’en faire profiter les autres. Ouvre ton coeur, tes bras et tes oreilles, c’est déjà beaucoup. Avec des histoires comme ça, on a tendance à se refermer sur soi pour éviter d’être affectée, moi la première, mais si on la possibilité d’aider, de faire quelque chose, il faut la saisir. Ça ne veut pas dire de t’épuiser à devenir la mère Theresa de ce monde, mais d’être réceptif. En même temps, tu n’es pas psychologue. Si tu n’as pas les mots, ne te force pas à les avoir. Sois juste là. Et si ça ne suffit pas, trouvons ensemble les moyens pour aider ceux qui en ont besoin.

Les ressources existent et ça non plus, on n’en parle pas assez :  

Et c’est tout sauf niaiseux de les utiliser. Ces ressources sont là pour ça et tu ne devrais jamais avoir peur de les utiliser. Souvent ta famille, tes amis ou toute autre personne même s’ils ont le désir de t’aider n’ont pas nécessairement les outils ou les ressources. Ces lignes sont là pour ça :

La ligne ressource pour les victimes d’agressions sexuelles est le 1-888-933-9007 (Montréal et les environs : 514 933-9007)

Ligne d’urgence du Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal : (514) 934-4504

SOS violence conjugale: 1 800 363-9010

Suicide Action Montréal:  514 723-4000 (Extérieur de Montréal: 1 866 277-3553)

 
Si je peux avoir un conseil pour toi : les réseaux sociaux ne sont pas toujours ton meilleur ami. L’amour s’y trouve, oui, mais la haine aussi. Parfois c’est pas beau ce que les gens se permettent de dire par écrit mais n’oseraient jamais murmurer de vive voix. Ton cellulaire, c’est un contact sur un drôle de monde. Ferme-le, ça fait du bien parfois. Et peu importe ce que tu vis, je suis avec toi ♥ C’est pas grand chose, mais ça vient du cœur.

 

 

 

 

 

1 COMMENT

  1. Ton écran ne te donne pas le droit d'être un trou de cul - Réponse à Sophie Durocher (encore une fois) | La Tranchemontagne | 1st Nov 17

    […] #MoiAussi, je t’en ai déjà parlé (ici et ici si jamais tu ne sais pas de quoi je parle) alors je ne m’éterniserai pas sur le sujet si ce […]

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