Tu n’es pas obligé d’aimer ce que je fais

Tu n’as aucune obligation d’éprouver le moindre intérêt que ce soit envers ce que je fais. Si tu trouves que ce que j’écris, c’est vide; si tu trouves que je parle trop de moi; si tu trouves que c’est sans importance; si tu trouves ça pathétique que je parle d’affaires personnelles à des gens que je connais pas… c’est parfaitement ton droit. Par contre, ça ne te donne pas le droit de me juger ou de tourner en dérision ce que je fais, pas dans ma face en tout cas.

Je le sais, je ne suis pas conne : ce n’est pas tout le monde qui aime ce que je fais ou même qui le comprend. Pour plusieurs, c’est sûrement un peu « weird » que je parle autant de ma vie sur Internet et pour d’autres, c’est sûrement impensable que ça puisse intéresser qui que ce soit avec ça. Ce n’est pas pour me rabaisser, c’est juste un fait : ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise avec cette nouvelle mode des blogues, de YouTube, des pages Facebook et du « sharing » sur Internet. Et c’est encore une fois totalement correct.

Cependant, ton opinion sur moi et sur ce que je fais ne te donne pas le droit de t’en moquer devant moi ou de rabaisser ce que je fais. 

N’en parlons pas tiens ! Tout simplement. Si tu y comprends rien, si pour toi, c’est « cave », choisissons tous les deux le silence. Je ne le crie pas sur tous les toits, je ne t’achale pas avec ça, alors pourquoi ramener ça sur le tapis si pour toi, c’est risible. Les commentaires méprisants, tu peux te les garder. Et crois-moi, des propos méprisants, ça n’a pas besoin d’être des grosses insultes sales, ça peut être bien simple. C’est parfois juste la petite nuance entre quelqu’un qui me demande « Beaucoup de gens lisent ton blogue? » et le ton moqueur que tu prends quand tu me dis « Ah ouin? Il y a vraiment du monde qui lit tes niaiseries? ». C’est subtil, mais c’est là. La formulation, le ton, l’intention… Tu peux mettre ça sur le dos de la paranoïa ou de la défensive, mais on sait tous les deux que ce n’est pas dans une simple question inoffensive.

Et crois-moi, de l’autodérision j’en ai. Je pense que c’est d’ailleurs une des choses qui m’a mené où je suis dans la vie. Je suis capable de rire de ce que je fais, de dire que ce n’est rien de révolutionnaire, que je ne vais pas sauver le monde avec ça demain matin, que parfois c’est tellement niaiseux ce que j’écris, mais que tout ça, je le fais pour le « fun ». Je le fais parce que ça me parle et que c’est important pour moi, crois-le ou non. Alors, ne pense pas que c’est un manque d’humour ou d’acceptation de la critique qui me fait hérisser. Parce que tu auras beau dire « C’était juste une blague! », mais ça enlèvera pas le fait que si aucun de nous deux la rit, ce n’est pas une blague, c’est une pique… Une pique que tu m’envoies pour des raisons que je n’ai même pas envie de savoir.

Sois pas d’accord avec moi, c’est ça qui fait la beauté des opinions, mais entamons une discussion, pas une guerre. 

On ne sera pas toujours d’accord. Ça aussi c’est correct, par contre, si tu commences à poser des jugements sur ce que je défends, sur comment je le fais, sur pourquoi je le fais et sur qui je suis, c’est autre chose. Tu peux me remettre en question, tu peux me challenger sur ce que j’ai dit, tu peux me confronter même, mais la notion de respect, elle doit y être. Sans compromis. Parce que si on commence à se manquer de respect, ce n’est plus un échange. C’est une attaque et ça, non seulement je n’ai pas envie de les subir, mais je n’ai aucune obligation à ça.

J’accepte à bras ouverts ton silence radio. Je fais mes petites affaires de mon bord, comme je le sens, comme je le pense et je ne cherche pas à t’enfoncer dans la gorge mes idées, mes projets ou mes propos. Alors le fait qu’on se parle jamais, mais que les seules fois que tu m’écris un texto c’est pour me faire des commentaires ordinaires, ça me déconcerte je vais t’avouer. Parce que tu peux me donner ton avis, me donner du constructif ou même les raisons pourquoi ça ne te rejoint pas, mais ça… Je ne sais pas quoi en faire. C’est comme quand tu me demandes pourquoi telle personne me lit. Je le sais-tu moi? Parce qu’elle aime ça peut-être? Je dis ça de même, c’est une supposition. Mais pourquoi ça te semble étonnant, c’est ça que je comprends encore moins… Est-ce si étonnant que ça à tes yeux que quelqu’un puisse aimer ça?

C’est le jugement mon problème, comprends-tu?

Que tu n’aimes pas ça, que tu ne me suives pas, que tu trouves ça plate, c’est parfaitement correct, je le répète. Crois-moi, j’ai compris depuis longtemps que ce n’est pas parce que tu aimes quelqu’un que tu es obligé d’aimer tout ce qu’il fait. Ça ne me vexe pas, je le vois bien que la plupart des interactions que j’ai viennent de gens que je ne connais pas, beaucoup plus que des gens que je connais. Ce n’est pas un reproche, c’est un fait !

Mais, qu’on se connaisse ou pas, que tu poses des jugements sur ce que je fais, ça vient me chercher. Il y a pas de manière universelle de faire les choses et la règle #1 que la vie m’a apprise, c’est que tu ne pourras jamais plaire à tout le monde. Je vis bien avec ça, c’est une pensée qui me réconforte de savoir que je ne peux et ne dois pas plaire à tous. Par contre, que tu me dises que je ne devrais pas faire ça, que c’est bizarre que je le fasse, que je dois m’aimer beaucoup trop (ou pas pentoute) pour m’exposer comme ça, que tu assumes que tu sais ce qui se passe dans ma tête… Je ne comprends pas. Je ne te demande rien, absolument rien. Alors, ne m’offre pas ton jugement en essayant de me faire croire que c’est un cadeau.

Je le fais sans prétention, ça et tout le reste. 

Je le fais parce que ça me fait du bien et, même si tu as de la misère à le croire, ça semble faire du bien à d’autres. Que ce soit mes niaiseries, mes messages, mes textes ou même mes gras de bedaine que je montre sur Internet, je le fais parce que je pense que peut-être, ça pourrait être utile. Et si ce ne l’est pas, et bien tant pis, mais une chose est certaine, ça ne te nuit pas à toi. Alors si tu désapprouves, je respecte ton opinion. Par contre, ne me demande pas de respecter tes blagues mesquines, tes petites remarques à demi-mot ou les roulements d’yeux que tu peux faire quand  quelqu’un ne fait qu’effleurer le sujet de ce que je fais.

Je ne m’excuserai pas d’avoir un projet qui me rend heureuse. Je ne m’excuserai pas de ressentir du bonheur, de la joie et de l’accomplissement dans ce que je fais. Je ne m’excuserai pas de ma manière de faire, parce qu’elle me ressemble. Alors je m’excuserai seulement du fait que ces choses-là puissent t’importuner, du fait que mon bonheur fait ton malheur. Je ne cherche pas ton approbation, alors si ce que je fais te déplaît, fais-toi pas chier avec ça. Tu cliques sur le « X » rouge en haut et tu t’en vas. Tu passes à autre chose et on sera peut-être tous plus heureux ainsi.

J’ai envie de grandir à travers la critique, pas de douter de moi à travers le jugement, c’est aussi simple que ça. Je n’arrêterai pas de parler d’estime de soi, de bien-être, de tabous et de dire des niaiseries. Je n’arrêterai pas de déplaire à certains alors que ça en intéresse d’autres. Je le fais en étant fidèle à moi-même, je le fais parce que ça me parle à moi. C’est ce que je fais depuis le début et crois-le ou non, ça m’a souri, alors je compte bien continuer, avec ou sans toi.

 

1 COMMENT

  1. La Boutonneuse | 6th Nov 18

    Je ne sais pas pourquoi mais j’ai eu l’impression que tu t’adressais à une femme…
    Je tiens à dire que je ne suis pas misogyne mais que j’ai été (je le suis peut être un peu encore) une jeune bien trop critique (dans le mauvais sens du terme).
    Ton article m’a fait pensé à celui de Justine (Blog d’une partageuse) dans lequel elle exprimait “son désarroi” face aux commentaires de ses proches qui découvraient son blog ou ses vidéos Youtube qu’elle a même décidé de supprimer (enfin je crois).

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.